Un bref historique de Val-d ’Usiers
La faible documentation traitant du haut Moyen Age rend difficile l’étude des origines du peuplement du Val d’Usiers. Est-ce le château dominant Sombacour ou la paroisse très tôt établie à Goux ?
La première mention du château n’apparaît dans les documents qu’à la fin du XIIe siècle et celle des trois villages (Goux, Bians et Sombacour) n’apparaît, elle, qu’au XIIIe siècle. Ce qui est sûr, c’est que c’est le besoin de terres qui a présidé au défrichement du val où, curieusement, n’ont pas été découvertes jusqu’à présent de traces de peuplement celtique comme c’est le cas dans la toute proche Chaux d’Arlier, ni de traces de l’Antiquité alors que Salins et ses salines étaient déjà connues des Romains.
En fait, l’histoire du Val d’Usiers ne commence vraiment qu’au Xe siècle : il fait partie du vaste territoire inféodé par l’Abbaye Saint Maurice d’Agaune au Comte Albéric en 941, dont les descendants prendront le titre de Sires de Salins. C’est ensuite une chaîne de seigneurs féodaux qui, au gré des luttes de pouvoir, des conflits, des mariages et des successions, règneront sur le Val d’Usiers, des sires de Joux et d’Usiers (1199) à Bonaventure-Denis Vernier et au marquis de Monnier à la fin du XVIIIe siècle, en passant par la maison de Rougemont (1412), Philippe de Hochberg (1480), Philibert de Chalon (1518) et Gérard de Watteville (1559) …et sans doute bien d’autres. Les abbayes de Montbenoît et de Mont-Sainte-Marie y jouent également un rôle important au Moyen-Age, par les dîmes et divers impôts qu’elles y perçoivent, par les propriétés qu’elles y détiennent et par l’utilisation d’une main d’œuvre de « manants » mise à leur disposition par les féodaux.
Si la région est restée à l’écart des conflits religieux, elle sera lourdement impactée dès le XVIIe siècle par le passage des troupes et notamment par la guerre de « Dix ans » qui voit les « Suédois » de Bernard de Saxe-Weimar investir et détruire en partie le château, ce qu’achèveront de faire les Français de Louis XIV lors de la conquête de la Franche-Comté (1668 et 1674). Mais c’est aussi l’époque où les communes rurales affirment peu à peu leur existence, notamment par des contestations de droits et de territoires. L’élément moteur du Val, ce sont ses trois communautés d’habitants, tellement imbriquées qu’il est difficile de les dissocier : la paroisse primitive (St Valère) est à Goux, mais les marchés et la justice se tiennent à Sombacour. Chaque communauté a ses prudhommes et ses assemblées, mais longtemps les communaux restent indivis entre elles. Il y a une réelle entité, le Val d’Usiers, qui se distingue même des autres « pays » de la région par son architecture. Pour autant, l’évolution démographique aidant, chaque communauté villageoise aspirera à plus d’autonomie, ce qui débouchera sur le partage des communaux « à parts égales » en 1717. En créant les communes, la Révolution donnera finalement une existence autonome aux trois communautés.
Le XIXe siècle apportera les premiers bouleversements profonds par la remise en question des traditions communautaires et les premières atteintes de l’exode rural. C’est l’époque d’une nette amélioration des rendements agricoles et des débuts de la révolution industrielle ; mais séparé des autres communes par un épais rideau forestier, et même délaissé à partir de 1845 par la route Besançon-Pontarlier, le Val d’Usiers demeurera profondément rural, très attaché à ses traditions et marqué par un catholicisme ardent : les inventaires de 1906 se dérouleront dans une ambiance particulièrement tendue. Notons au passage qu’en janvier 1871, Sombacour sera le théâtre d’une des batailles « les plus honteuses » de la guerre de 1870, au cours de laquelle 2500 soldats français, dont 2 généraux et 43 officiers, se rendront pratiquement sans combattre à une poignée de Prussiens.
Le début du XXe siècle dans le Val d’Usiers sera bien sûr marqué par la Grande Guerre et le sacrifice de 84 de ses jeunes hommes, sur une population totale de 1645 habitants en 1911. Après la crise des années 30 et une relative ouverture au monde grâce au déploiement du tramway (appelé « tacot »), qui donne accès à Pontarlier et Besançon, et au développement de l’automobile, 1939 voit revenir la guerre et l’ouverture d’une période sombre, marquée par la défaite et le repli sur soi. Quelques habitants participent à des actions de résistance (faux papiers, faux titres d’approvisionnement, récupération d’armes lors des parachutages, etc.), actions pas toujours approuvées par la population qui craint les représailles. Après 1945, la vie reprend, et les mutations s’accélèrent : l’agriculture, désormais tournée vers la production de lait pour la filière Comté, n’est plus l’activité principale du Val d’Usiers, de nouvelles professions se développent, nombreux sont les habitants qui travaillent à Pontarlier, voire en Suisse voisine, les villages accueillent une population nouvelle, qui s’installe dans de nouveaux quartiers de pavillons surgis aux abords des anciens villages ou qui restaure les anciennes fermes en logements fonctionnels.
Et, retour aux sources si on peut le dire, le 1er janvier 2024, les trois villages fusionnent pour donner naissance à une commune nouvelle : Val-d ’Usiers.
Sources : « Le Val d’Usiers » de M. MALFROY, B. OLIVIER, J. GUIRAUD.
EGLISE SAINT GERVAIS SAINT PROTAIS – SOMBACOUR
Située en contrebas des ruines du château, à l’entrée du col des roches sur la route de Pontarlier, l’édifice actuel date en partie de 1493.
Des adjonctions successives au cours des siècles ne nuisent pas à l’homogénéité de l’ensemble architectural de style gothique.
Le clocher a été construit au XVIII° siècle, avec son porche et son toit à l’impériale, deux éléments caractéristiques des églises de montagne du Haut Doubs.
Le décor intérieur appartient au « baroque modéré » en comparaison avec celui, plus riche de l’église Saint Valère de Goux. Il est néanmoins de haute qualité avec des boiseries sculptées magnifiques (fonts baptismaux, chaire) attribuées à Augustin FAUCONNET.
Le mobilier est inscrit depuis 1979 à l’inventaire des monuments historiques, de même que l’ensemble des statues de bois sculpté du XVII° et XVIII° siècle.
EGLISE SAINT-VALERE - GOUX
De style roman, bien que construite au début du 18è siècle, elle se distingue par sa décoration intérieure signée Augustin Fauconnet. Classée aux Monuments historiques en 1992, elle a fait l’objet d’une réfection du cœur en 2008.
EGLISE DE L’IMMACULEE-CONCEPTION - BIANS
C‘est en 1844 que l’église actuelle, consacrée à lmmaculée-Conception avec un clocher porche surmonté d’une flèche et un intérieur néo antique est construite,
Section de Pissenavache.
Le petit hameau de Pissenavache est situé à 3,5 km de sa commune mère qu’est Bians-Les-Usiers, près de 70 habitants vivent en harmonie avec la nature, les nombreuses fermes et tracteurs anciens vous feront littéralement oublier que vous vivez dans le 21e siècle. C‘est en 1 703 que Pissenavache fusionna avec Bians, les premières traces écrites de Pissenavache remontent au XIIe siècle.
MONT CALVAIRE DE SOMBACOUR
Site situé à l’entrée du col des roches sur la route de Pontarlier, dominant le village de Sombacour et inscrit aux Monuments historiques depuis1989
Il s’agit d’un chemin de croix qui s’élève à la sortie du village. Il date de 1891, édifié sur l’initiative du curé de la paroisse et financé par la population du village. De style néogothique, il est l’œuvre des frères GUILLIN, artisans de MOUTHIER.
Les 13 bas-reliefs représentent la Passion du Christ et sont surplombés par un oratoire de la Vierge « aux Anges » datant de1872.
En 1956, le rocher de la plateforme supérieure a été creusé et un Christ gisant sculpté par Maitre AUFFRET, grand prix de ROME y a été déposé. Le tombeau est fermé par des grilles comportant les instruments de la passion, forgées par les frères CUENOT de LEVIER.
MAIRIE - BIANS
Construction de la mairie école en 1879.
MAIRIE ECOLE - GOUX
De style classique du 19è siècle, ces bâtiments sont classés aux Monuments historiques
CROIX DE MISSION 1854 - SOMBACOUR
Située en contrebas de l’église, au carrefour et faisant face au chemin de croix à l’entrée du col des roches.
NOTRE DAME DE LA FORÊT
Edifice de la Vierge surplombant le village de Goux
PLACE LONCHAMP
Général louis LONCHAMP (1770 – 1832). Né à Sombacour le 26 mai 1770, il entre en service le 10 août 1792 comme capitaine au 7ème Bataillon des Volontaires du Doubs. Il exercera dans les armées du Rhin, du Nord, de Sambre-et-Meuse et d’Italie. En 1798, il fait partie de l’expédition d’Egypte où il est blessé lors du siège du Caire. En 1805, il intègre les grenadiers de la Garde Impériale et participe aux campagnes de la Grande Armée en Allemagne (il est blessé à Eylau), en Espagne, en Autriche. Il se distingue à la bataille d’Essling où il est à nouveau blessé. En 1810, il est fait baron d’Empire et commandeur de la Légion d’Honneur. Il est nommé général en 1811. Il participe à la campagne de Russie. Après l’échec des « Cent jours », il est mis en disponibilité puis en retraite et se retire à Sombacour où il décède en 1832. Il lègue sa maison située face à la place à la commune de Sombacour. En 1892, celle-ci érige un monument à sa mémoire : une fontaine surmontée de son buste.
ANCIENNE GARE BIANS-SOMBACOUR